Quelques heures avant leur concert devant le public des Terres du Son, Zé Matéo et Sly du groupe Chinese Man nous ont accordé une interview. L'occasion d'en savoir plus sur le projet de ce collectif marseillais qui vient de sortir son premier album Racing with the Sun et dont le live est la révélation des festivals de cet été …
Est-ce que vous pourriez nous décrire l’histoire de Chinese Man ?
Zé Matéo et Sly ensemble : Chinese Man c’est une belle histoire qui a commencé en 2005...
Sly : 3 potes un peu perdus qui font de la musique au début pour s'amuser, et puis on a sorti un premier vinyle à 500 exemplaires qui était vraiment destiné à se jeter dans la musique. C’était un peu classe de sortir notre propre disque, sans prétention. Et puis on a eu la chance que ca marche assez pour en faire un deuxième et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui où on est très content d’avoir sorti notre premier véritable album qu’on va présenter ce soir. C’est résumé mais c’est ça.
Chinese Man - exportMusic ©
Qui fait quoi dans Chinese Man ?
Zé Matéo : Font partie du groupe Sylvain, dit Sly, Zé Matéo, High Ku là-bas, c’est nous trois qui avons monté Chinese Man. Après il y a plein de gens autour qui gravitent et qui font partie du groupe indirectement. Des parties musicales, des gens comme Le Yan. Il y a Fred et Annabelle qui font 99% des vidéos, moi j’en fais un peu aussi. Dans le projet de cette année, il y a Taiwan MC qui nous a rejoint avec d’autres MC groupe et dans le projet de l’album, il y a des musiciens qu’on a rencontré en Indonésie...
C’est une grande famille.
Quelles sont pour vous les différences entre un concert en festival et un concert en salle ?
Sly : Pour nous ce qui change c’est qu’en salle c’est vachement mieux techniquement ! C'est une parenthèse. Très souvent en festival on peut jouer une heure. Ce qui n’est pas le cas ce soir, très bon festival ! Donc très souvent, on fait un set beaucoup plus pêchu.
Zé Matéo : Après, si je peux me permettre c’est qu’en salle, tu peux plus facilement rencontrer les gens. C’est un peu le truc qu'on aime bien. En festival c’est hyper grand et un peu impersonnel entre guillemets. Si tu veux aller voir les gens, il faut courir et il n’y a pas vraiment d’endroit à la cool. Alors que dans une salle il y a toujours un bar, un truc sympa où tu peux vraiment échanger. C’est un peu le moment le plus sympa du concert. C’est beaucoup plus difficile en festival, tu as une énergie qui est plus directe, plus massive.
Cette relation avec le public est vraiment quelque chose d’important pour Chinese man ?
Sly : Oui, même si au début tu n’y penses pas vraiment, au final tu fais ça pour ça.
En fait on a beaucoup fait de DJ sets avant de démarrer un live. On était plus nombreux, il y avait la vidéo et tout. Le DJ set il a fonctionné aussi parce qu’on était hyper en communication avec le public, à faire partager. Le morceau de musique qu'on est en train de jouer, il nous fait kiffer et on est content d’être là.
Et sur le live c’est pareil, j’aime trop la relation qu’on a avec le public à ce moment là parce que c’est un peu le moment où tu transmets un truc. Au début on avait un peu du mal à assumer mais maintenant c’est hyper agréable parce que c’est notre musique, on est content de la faire partager. On s’est fait chier à écrire un live qui soit assez communicatif, pour qu’il y ait suffisamment de réception.
Chinese Man - exportMusic ©
Vous parliez de transmettre quelque chose, est-ce que la musique de Chinese Man pourrait faire passer un message ? Est-ce qu'on peut imaginer un Chinese Man engagé ?
Sly : Oui et non. Je ne pense pas qu’on devienne un groupe engagé. Au point de vue image, c’est compliqué parce qu’on est un collectif. On a évidemment un point de vue commun sur plein de choses mais on a chacun nos individualités et c’est toujours compliqué de faire la balance. Après, limite la musique passe en second plan par rapport au message, nous on fait avant tout de la musique. Par contre ça ne nous empêche pas, vu qu’on utilise un peu de film, de glisser quelques messages mais c’est plus quelque chose à interpréter plutôt qu’un message vraiment direct. Après je pense qu’on est engagé plus dans notre quotidien, la façon dont est faite le projet. Ça sera ça notre acte politique.
Zé Matéo : Nous on est hyper engagé dans ce qu’on fait, dans notre façon de vivre le projet et je pense que c’est un peu la grosse différence. Par exemple, le fait d’annoncer clairement quand tu décides de faire un projet à 15, les 15 touchent le même salaire. Il n'y a pas de différence. Que tout le monde soit acteur, puisse proposer des choses, avoir des initiatives.
Si les gens qui sont intéressé par le projet se rapprochent, tout le monde comprend qu'on est engagé. Après quand tu commences à l'afficher, il faut le défendre, d'une autre façon. On a nos convictions et on les transmet comme on peut, avec ce que ça représente Chinese Man.
Sly : C'est un des moteurs évident du truc, partager des goûts musicaux avec nos différences mais surtout partager le comment on voulait le faire. C'est l'indépendance, libre de pouvoir avoir le contrôle sur notre musique, c'est important.
Zé Matéo : c'est beaucoup de discussions, de réflexions, ce n’est pas toujours facile à faire mais on a vraiment eu, depuis 5 ou 6 ans, beaucoup de temps de discussion. Avec des confrontations parce que c'est l'échange qui prime mais avec des envies ou des besoins, et du coup, la discussion est vraiment importante pour faire avancer le groupe. S'il n'y en a pas, ca ne marche pas.
Sly : Et notre vision a un petit peu évolué depuis qu'on a commencé. On se rend compte que la musique c'est un business. Il y a des trucs à faire, de la promo tout ça… Du coup c'est nous qui le gérons. On fait comme on veut et on arrive pour l'instant à trouver la balance. Ce qu'on doit un peu lâcher entre guillemets et ce qu'on doit faire.
Est-ce que vous pouvez nous en parler des projets de Chinese Man, notamment à l’étranger ?
Sly : Pour l'instant c'est très flou, mais un des projets l'an prochain est de tourner ce live à l'étranger. Ce qui n'est pas évident mais on a quelques contacts au Brésil. L'idée serait de faire deux ou trois dates au Brésil. J'ai peur que ca nous porte malheur parce que ce n'est vraiment pas fait mais si ça se fait ça sera certainement Sao Paulo, Rio et Bella Horizon. Donc voila, on croise les doigts.
Zé Matéo : Dans le fait d'essayer de tourner à l'étranger avec le live, il y a une espèce de balance pour que tout le monde s'investisse vachement sans forcement savoir ce que ça va donner. On est tous intermittent, on s'organise pour que l'équipe puisse vivre le temps de la création, le temps de la tournée de Chinese Man. Mais il y a un aussi un truc de moment de vie, comme on est une grande bande de potes aussi, de ne pas aller faire une date dans un pays et de ne pas en profiter. L'idée c'est que l'année prochaine on va choisir un peu des territoires rêvés, en Asie, Amérique du sud et peut-être Canada, Etats-Unis et d'arriver comme ça à emmener tout le monde. Et que les gens qui ont envie de rester puissent rester, que ça nous permette d'avoir suffisamment d'espace pour voyager, mais aussi pour faire des rencontres et commencer à travailler sur de nouveaux projets, les projets à venir...
C'est un peu le truc de Chinese Man, on a des copains partout et on a toujours hyper envie de les voir ou qu'ils viennent. Là c'est le cas, il y a les deux MC américains avec qui on a fait Get Up sur le dernier album, donc on les a invités à faire la tournée pendant un mois. Quand ils partent, c'est les indonésiens qui viennent passer un mois avec nous. Il y a Taiwan qui est toujours là avec nous, qui fait toute la tournée avec nous.
On a très envie d'être dans un truc international parce que c'est aussi nos influences musicales, cinématographiques ... Arriver à faire converger tout ça sur le projet, c'est un peu le rêve ultime.
Chinese Man - exportMusic ©
Julien
& Anne
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