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20 mars 2009

Florian Mona
Interview

« J’aime les détails. Ce sont les détails qui nous mettent dans une ambiance. » Florian Mona sait bien choisir ses détails : une petite hésitation sur un vieux clavier au premier accord d’une chanson, le souffle craquant d’un vieux 33 tours, un banjo détimbré, le bruit d’un projecteur Super-8.
Florian Mona nous a livré quelques uns de ces détails ...

exportMusic : Depuis combien de temps chantes-tu?
Florian Mona : Ca va faire quatre ans environ. Avant j'avais un groupe dans lequel je chantais déjà avec des amis qui venaient tous de groupes différents, c'était un petit collectif assez folk avec des platines.

Comment pourrait-on classifier ton genre musical?
Moi je chante en français donc je pense être classé en chanson, mais j'ai une culture musicale anglo-saxonne, j'écoute beaucoup de pop-folk- rock. Je dirais que c'est de la chanson-pop, en tout cas dans la presse ce qui est noté est chanson-pop-folk.

De quel artiste te sens-tu musicalement le plus proche?
Je ne saurais pas trop quoi répondre, ce n'est pas évident, car si je te donne un nom d'artiste ce serait prétentieux de ma part. Je ne me pose pas trop cette question, je fais mon truc et j'avance. Mais j'aime beaucoup des gens comme BASHUN, MURAT, BOOGAERTS, je dirais plutôt que je les écoute avec plaisir.

C'est toi qui écrit et compose les morceaux, aimerais-tu voir un auteur compositeur travailler avec toi en particulier?
Il y a des artistes que j'aime beaucoup, comme Arman MELIES, je trouve qu'il écrit vraiment bien.

Quel est le dernier album que tu aies acheté?
J'en achète pas mal... Je dirais un vieux Neil YOUNG, car il doit passer prochainement à Nantes, donc j'ai racheté un vieil album.

Tu viens de Bretagne, tu ne regrettes pas Paris?
Ah non du tout! Et je ne sais pas si cela changerait grand chose. Je suis souvent amené à venir sur Paris et je suis très content de vivre en Bretagne car c'est une superbe région bien que j'apprécie Paris quand j'y viens.

Tu as de nombreuses dates de prévues prochainement, d'autres vont- elles être ajoutées, comme des festivals cet été?
Pour l'instant c'est en cours, mon tourneur travaille là dessus donc je ne vais pas donner de dates pour que cela ne me porte pas malheur (rires). Je pense qu'on annoncera la tournée prochainement.


Florian Mona

Tu rêves de remplir l'Olympia?
Je n'y ai pas encore pensé, je rêve surtout de vraiment continuer à m'éclater si je remplis les salles. Je serais content de le remplir mais j'espère que le jour où je le remplirais, si ça arrive, je m'éclaterais toujours autant car c'est le plus important.

Si tu ne devais garder qu'une seule chanson afin de représenter l'album au mieux, laquelle serait-elle?
"L'esquimaude", c'est le troisième titre de l'album, et c'est le premier morceau avec lequel j'ai vraiment trouvé la couleur de l'album, j'ai composé cette chanson, j'ai posé des claviers, et je me suis dis que j'avais trouvé le son de l'album. C'est le début de tout.

Ton album sort le 14 avril prochain, tout est donc bouclé, as-tu des regrets?
Non, je n'ai pas de regrets, je suis super content de la manière dont cela s'est fait, c'est une maquette qui s'est faite d'abord chez moi, qui s'est améliorée puis on est partis travailler en studio à Paris, on a réenregistré des trucs par dessus, je suis vraiment content que l'on ait gardé les idées, l'univers et le bricolage de départ. Aucun regret pour moi au niveau de la musique.

Appréhendes-tu la sortie?
Je suis très content qu'il sorte, mais je trouve que c'est excitant et inquiétant, on a passé tellement de temps sur cet album, il y a des chansons que j'ai composé il y a trois ou quatre ans, chez moi je compose beaucoup. De devoir le mettre en format CD, qu'il soit écouté, c'est à la fois la fin et le début d'autre chose c'est assez bizarre.

Où as-tu enregistré l'album?
J'en ai enregistré une partie chez moi, j'ai un home-studio, ensuite j'ai enregistré chez Romuald GABLIN avec qui je travaille depuis dix ans, et qui a été musicien sur mon précédent groupe, on a enregistré des choses chez lui que je ne pouvais pas faire chez moi, notamment les batteries, il a un home-studio un peu plus grand. Ensuite on a fait une autre partie à Paris avec Stéphane PRIN (Jean-Louis MURAT, Camille) avec qui on a refait 3 titres, un peu la voix, on a corrigé certaines choses qui étaient un peu trop difficiles à gérer et sur lesquelles on avait des doutes. C'est aussi Stéphane qui a remixé l'album.

Quelle est la symbolique de la chanson dont tu parlais précédemment, "L'esquimaude"?
"L'esquimaude" c'est une chanson que j'ai écrite en pensant à ma fille lorsqu'elle est née car elle avait les yeux tout bridés comme une petite esquimaude, alors cette chanson m'a inspiré, et c'est en même temps un peu l'histoire d'une personne un peu cassée, d'un bonhomme qui se fait emmener par un enfant qui lui montre de nouvelles choses, qui voit l'avenir différemment.

Penses tu que Myspace soit un outil indispensable à la promotion d'un artiste actuellement?
Je ne sais pas si c'est indispensable je pense que l'on peut faire sans, ça dépend dans quel état d'esprit on fait la musique, il y a des gens super indépendants qui ne veulent pas donc c'est dans leur manière de faire de justement dire non à tout genre de médias ou de communications. Moi j'aime, je découvre plein de groupes grâce à Myspace, des gens communiquent avec moi après les concerts, ça leur permet aussi d'avoir des informations, d'écouter des titres, je trouve cela presque mieux qu'un site. J'ai aussi rencontré des mixeurs par ce biais là, donc on peut faire de vraies rencontres, tout dépend de la manière dont on s'en sert, moi je trouve cela très intéressant et utile.


Florian Mona

Vis tu de la musique?
Oui.

Que penses-tu du téléchargement illégal?
Je pense que d'écouter des chansons où il y a eu un vrai travail et de les télécharger gratuitement c'est une démarche qui peut paraître étrange. Les jeunes d'aujourd'hui l'utilisent beaucoup, ils n'ont pas forcément beaucoup d'argent et c'est à leur portée, ils se servent, donc c'est pour eux tout à fait normal. Moi en tant que musicien, je préfère que l'on télécharge mes titres légalement, mais plus c'est téléchargé plus c'est écouté. Il faut faire avec, maintenant si une solution est trouvée tant mieux.

Que ressentirais-tu si ton album ne marchait pas?
Déjà je suis très fier de cet album, d'avoir pu le concrétiser, d'avoir travaillé avec les gens avec qui j'ai travaillé, d'avoir réussi à aller au bout des choses, donc je trouve ça cool. Ensuite ça dépend ce que l'on appelle "marcher", si j'arrive à continuer à en vivre, à tourner, à faire des concerts, à m'éclater, car je ne me dis pas forcément "il faut que ça marche", car il faut se laisser aller à la composition, ne pas trop se poser de question.

Quel est ton meilleur souvenir sur scène?
Une première partie d'Emily LOIZEAU où ça a été un superbe concert pendant lequel les gens étaient debout à la fin. Mais il y aussi les Francofolies de la Rochelle en première partie de Jean-Louis MURAT puis la première partie de Philippe KATERINE c'était hallucinant. C'était complètement différent mais toujours le délire.

Tu vas jouer 3 fois au sentier des Halles à Paris en avril, c'est un hasard ou tu affectionnes particulièrement cette salle?
J'ai déjà joué au Sentier des Halles c'est très agréable, un peu comme une sorte de cocon, un amphi avec des petits bancs, c'est super beau puis avec une belle installation de lumière il y a une belle ambiance. Le fait d'y jouer une fois par semaine permet de proposer à la fois le spectacle plusieurs fois au public parisien puis de le faire revenir, mais aussi d'inviter la presse, d'être visible plusieurs fois sur Paris pendant la sortie de l'album.

De quels instruments joues-tu?
J'ai été batteur pendant 10 ans, je fais de la guitare, un peu de clavier de pianos et de basse, plusieurs choses comme cela. Disons que je touche un peu à tout, dans mon home-studio j'ai plusieurs instruments et je connais les bases. Je bosse mes arrangements pour au final essayer de créer une ambiance musicale. Je joue un peu de tout, mise à part les cuivres par exemple je ne fais pas de trompette. (rires)

Tu as joué en première partie de Dolly, as-tu un peu suivi l'actualité de Manu?
Ca fait longtemps! (rires) J'ai été pas mal pris ces derniers temps mais j'ai toujours suivi ce que faisaient les Dolly et ce que fait Manu avec Nikko (l'ancien guitariste des Dolly), car déjà j'aime bien ce qu'ils font et humainement, lorsqu'il y a 8 ans on tournait, on était vraiment dans un réseau indépendant et ils nous ont super soutenu dès le départ en nous emmenant sur les premières parties. Je n'oublierais jamais ça, je suis toujours content d'avoir des nouvelles de ce qu'ils font, même si on ne s'appelle plus car on a maintenant des vies assez différentes, ça fait longtemps que nous nous sommes pas vus mais s'ils viennent jouer à Rennes je serais content d'aller les voir. Je suis leur actualité.

Peux-tu dire que tu te retrouvais en Alain BASHUNG?
Non, mais il fait partie des gens que j'adorais lire et écouter, et que j'écoute encore beaucoup! Il interprétait super bien, je n'adore pas tout mais il y a des perles magnifiques dans chacun de ses albums.

Quels sont tes futurs projets?
Je ne vois pas forcément des projets dans le long terme, mais ce serait de faire une belle sortie d'album ainsi qu'une belle tournée.

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Lou pour exportMusic.



 
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