08 avril 2008
The Raconteurs
Tennessee – Michigan - Ohio
Deux ans seulement après la sortie du premier album des Raconteurs, le groupe remet ça avec leur nouvel opus : Consolers of the Lonely. Mixé dans la première semaine de Mars, c’est seulement une semaine avant la sortie prévue de l’album que les Raconteurs ont décidé de le dévoiler. Consolers of the Lonely, tout comme Icky Thump des White Stripes, sorti en juin dernier a été enregistré dans le studio Blackbird de Nashville. D’abord pressé en vinyle, il n’a été qu’ensuite mis sous format CD. La bande de Jack White et de Brendan Benson a décidé de n’accorder aucune interview avant le 25 mars, date de sortie de l’album. C’est donc dans l’anonymat le plus complet que Consolers of the Lonely fait son apparition.
Premier élément frappant du nouveau Raconteurs, sa durée. Près d’une heure de musique répartie en 14 chansons, ce qui sera sans doute l’un de ses seuls défauts. Consolers of the Lonely, premier titre de l’album éponyme, rappelle la guitare brute et assez chaude des Black Keys. Un bon titre qui devance un Steady has she goes trop simpliste et trop froid pour durer dans le temps. Jack White force sur sa voix, qui fait écho à celle qu’il utilise avec les White Stripes. Le deuxième morceau, Salute your solution est justement très influencé White Stripes, il sera d’ailleurs le seul à rappeler la formation de Jack et Meg White.
Arrivé à You don’t understand me, les Raconteurs se détachent totalement de leur premier album et Consolers of the Lonely prend alors toute sa dimension : c’est album est un melting-pot de toutes les influences des membres de la formation. La musique va du rock au blues, en passant par la country, le garage de Hold Up, des ballades incontournables, et de nouveaux instruments prennent place. On constate alors beaucoup de trompettes sur The Switch and the Spur, ou encore Many Shades of black, et à l’écoute de Old Enough, on a vraiment l’impression que Jack et Brendan ont coupé puis recollé des bandes comme le faisait Zappa auparavant. Cette impression se ressentira sur tout l’album et c’est véritablement cet aspect qui lui donne toute sa force. Depuis la fin des années 70, les groupes n’ont plus vraiment exploité ce côté expérimentation, en mélangeant divers instruments, en multipliant les ponts, ou encore en variant les styles sur chaque morceau. On redécouvre ici les groupes psychédéliques de la fin des années 60 et on trouve même de très bonnes surprises comme les excellents Top Yourself, Attention et son intro encore une fois très Black Keys, avec des instruments qui se mélangent, et des distorsions flagrantes qui devraient prendre beaucoup d’ampleur en live. Pull This Blanket Off rappelle étrangement un certain Neil Young. Et que dire de l’incroyable These Stones Will Shout, véritable hommage aux grands des années 60, au picking et à la mélodie efficaces et reposants, un tube incontournable, avec un pont excellent à l’électrique, sûrement l’un des meilleurs morceau de l’album, qui rivalise aux côtés de Carolina Drama et ses chœurs envoutants, épilogue d’une histoire admirablement bien contée par les Raconteurs.
Au final Consolers of The Lonely devance de loin Broken Boy Soldier, trop froid et trop lisse. L’album prend ici beaucoup de relief, sonne plus live, plus vintage. Consolers of the Lonely paraît beaucoup plus personnel, et impose un immense géni créatif, autant d’instruments que de styles différents sont utilisés dans cet album, à l’image du nombre d’émotions ressenties pendant ses 56 minutes. L’album démarre fort, vite, garage au début, puis ralentit doucement, pour devenir un véritable parcours initiatique quelque peu entaché par des titres trop plats voire déplaisants tels que Many Shades of Black, mais son aspect expérimentation lui vaudra à coup sûr une bien plus grande longévité que son prédécesseur.
theraconteurs.com
Pierre pour exportMusic.
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