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28 septembre 2007

La Fête de l'Humanité [2]

Notre journée du samedi commence avec Ayo. C’est donc sur des saveurs africaines qu’exportMusic commencera cette journée de festival.

Tonnerre d’applaudissements à l’arrivée d’Ayo, elle est très attendue, celle qui en l’espace de quelques mois seulement s’est vue propulsée en véritable star nationale. Depuis l’été, on ne parle que d’Ayo, alors la somptueuse germano-nigériane multiplie les salles, de plus en plus grandes. Heureuse dès le début de participer à son tour, tous comme de nombreux autres, à ce festival, Ayo entame un concert joyeux, aux sons qui font échos à son album « Joyful », on retrouve le reggae, le blues, la soul. Et lorsque l’Humanité lui demande de définir sa musique reggae, blues, soul, la belle chanteuse répond habilement : « C’est un melting-pot de tout cela. Dans ma musique, on retrouve le même mélange que l’on peut voir sur ma peau. Étant métissée, ma musique me ressemble. »
(Extrait d’interview donnée par l’Humanité le 15 septembre par Victor Hache).
Alors en plus de métisser à merveille son album et son style musical, Ayo mélange les couleurs au sein du public et les rassemble en une même unité, bien disposée à écouter cette voix très blues. Ayo enchaîne les morceaux chacun prenant l’allure de tubes, et joue à merveille « Down On My Knees », très bien repris par le public.

Au bout d’un long set Ayo nous explique qu’elle va nous interpréter un morceau africain en 15 minutes. Le public d’accord d’avance n’en est que plus jouissif. Elle joua cette chanson l’an dernier, jour de son anniversaire devant 300 personnes, tandis qu’aujourd’hui, seulement un an plus tard, on est… « Un petit peu plus ! » Et lorsque Victor Hache, lui demande quelle idée elle se fait de la fête de l’Humanité, celle-ci répond : « Mon manager m’a expliqué que c’est un lieu gigantesque. Pour moi, c’est bien parce que ce n’est pas qu’un festival. Il y a un message politique et festif. C’est formidable que des gens viennent partager tout cela le temps d’un week-end. Je suis très heureuse de participer à la Fête de l’Humanité, qui est un festival « humain ». Une manière de dire que nous sommes tous égaux, quels que soient notre culture ou le pays d’origine, et que nous avons tous le même rêve. Ce jour-là, je serai un peu française ! » Pari gagné Ayo, ce soir tu portes bien haut les couleurs françaises !

Ayo/
Ayo

Razorlight/
Razorlight

Razorlight. Ces jeunes là ont du génie ? Vous êtes nombreux à répondre que oui.
En effet depuis la sortie de leur premier album « Up All Night », Razorlight plaît par sa pop purement anglaise et se réfère aux anciens tout comme à ses contemporains comme les Libertines. Alors sur un mélange tel, espérant trouver ici de la pop 60’s bien modernisée avec la petite touche actuelle, on s’attend à un concert très riche. Pourtant, rien d’extravagant. D’une part Johnny Borrel est très agaçant, paraît très présomptueux et ne regarde jamais son public. On entendra à ce propos des festivaliers hurler à la gueule d’ange : « regarde nous, regarde ton public ». Mais non décidément Johnny ne chantera pas pour nous ce soir. Au niveau musicale, la set list est mal organisée, on y retrouve trop de morceaux électriques qui se suivent. Sursaut pourtant sur leur tube matraqué par les radios : « America ».
Le public bouge, suit même parfois, mais on n’arrive pas à sentir une véritable osmose dans ce concert pour le faire prendre. Très vite Johnny laisse tomber le t-shirt au col déjà on ne peut plus plongeant et se retrouve torse nu, pour le plus grand plaisir de ses fans qui à chacune de ses avancées sur la scène, hurlent pour qu’il les regarde.
Arrive le dernier morceau qui là encore ne fait pas décoller le public, on est bien loin des prestations de groupes anglais comme les Libertines. Bref, un concert qui donnera de l’énergie au public sans vraiment le charmer.

Stooges/
The Strooges

La grosse tête d’affiche, celle pour laquelle nous avons été pris dans les bouchons pendant plus d’une heure juste pour la navette. Celle pour laquelle 80 000 festivaliers se sont entassés dans un espace qui peut soit disant en accueillir 60 000. Iggy Pop et les Stooges sont les suivants sur la liste. Comment présenter ce groupe sans se répéter, après tant et tant d’années d’existence. Formé en 1967 jusqu’en 1974 et reformé en 2003, les Stooges n’ont plus rien à prouver avec une rafale de tubes comme « I wanna be your dog », « No Fun », « Search and Destroy », « Gimme Danger », « 1969 »…
Le public se vieillit, les jeunes la plupart du temps se rapprochent de l’arrière pour laisser leurs places à de bien plus costauds et barbus gaillards qui prennent les commandes des premiers rangs. La nuit est tombée sur la Courneuve, le parc est plein à craquer, les organisateurs nous diront après le concert qu’ils n’ont jamais vu ça. La tension est à son maximum lorsqu’ Iggy suivi de sa bande débarque sur la grande scène. Après une très longue attente, on y est enfin. Les guitares sont cinglantes, elles grincent, le volume est poussé à son maximum et Iggy est déchainé. Sur « 1969 » le public pousse à son maximum, ça hurle dans tous les sens et Iggy bouge de partout. On entend alors le riff de « I wanna be your dog ». Symbiose dans le public et l’iguane descend de la scène. Il pousse les journalistes qui veulent le photographier, bouscule la sécurité qui veut le protéger s’agenouille et lèche les mains d’une festivalière… « I wanna be your dog » ! Les frères Asheton ne bougent pas mais assurent un concert très électrique. Iggy décidément déchaîné sur « No Fun » fait monter une dizaine de festivaliers sur scène. Le concert continue, les tubes se suivent, la magie Stooges est bien là, un seul morceau de leur dernier album « The Weirdness » sera joué. Le groupe ponctue un concert grandiose sur une deuxième version de « I wanna be your dog », très applaudie, très aimé, Iggy Pop s’en va s’en se retourner suivi de sa troupe, on ne les reverra pas. Dommage que les si grands moments d’extase ne dure qu’un temps.

C’en est terminé de cette deuxième journée de festival, retrouvez la dernière journée très prochainement avec la critique du concert de Renaud, des photographies et des articles

A suivre.


Pierre pour exportMusic.



 
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