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23 septembre 2007

Daft Punk, un 14 juin à Bercy

Dix ans.
Une décennie d’attente, d’espérance. Dix années passées à recenser leurs triomphes aux quatre coins du monde, Berlin, Rio, LA…A les voir grandir, évoluer, comme on prend des nouvelles d’un vieil ami parti à l’étranger…

Et enfin, par une chaude soirée de juin sur notre planète détraquée, les fils prodigues de la French Touch sont là, chez eux, chez nous…La moitié de la France semble avoir fait le déplacement, tant l’agglutinement sur les marches du POB est impressionnant. La foule est jeune, bariolée, quelque peu éméchée et sans aucun doute…Terriblement excité.
Passons sur la première partie, The Klaxon, qui une fois leurs quelques tubes passés à la moulinette, n’arrivent pas vraiment à accrocher un public qui n’est décidément pas venu pour voir des visages humains sur scène…

La suite est un trou noir en pleine lumière de quarante-cinq minutes qui provoque une certaine incompréhension. En effet, l’affiche annonçait Sebastian et Kavinsky en première partie, ce qui rendait cette soirée encore plus alléchante, forcément. Certain pariaient même sur une apparition des fameux Justiciers d’Ed Banger Records.
Au lieu d’un petit set de chauffe d’une heure qui aurait sans aucun doute réveillé les corps, les deux DJ mixent leurs tubes avec un volume de transistor, au milieu d’un Bercy complètement éclairé et devant un public ahuri qui ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe…
Certain profitent de cette « entracte » pour aller chercher une bière (45 minutes, c’est même un peu short…), les autres pratiquent quelques mouvements d’échauffements en vue du grand moment.

21 h45, les lumières s’éteignent enfin.
17000 gorges hurlent leur bonheur lorsque les deux compères apparaissent enfin, installés en haut d’une pyramide de lumière. « Robot Rock » démarre après une intro monstrueuse et là…
Dans ma tête comme dans celle de mes milliers de nouveaux camarades, tout n’est plus qu’un océan de son, de lumière. Une étuve de 73°, où l’on saute, danse entre deux malaises cardiaques, deux hurlements de fureur. Le set est rodé, carré, parfois peut-être un peu trop, et chacun pourra émettre des regrets quant à tel morceau qu’ils n’ont pas fait (« Aerodynamic », « Short circuit », « Alive »…) mais « Da Funk », qui explose à la moitié du concert, mettra tout le monde d’accord.
Les deux automates poussent les mix jusqu’à deux ou trois bootlegs par morceaux, triturant notamment « Burning » jusqu’à ce qu’il porte mieux que jamais son titre, flamboyant.
Au bout d’une heure où chacun a perdu environ 14 kilos, les lumières s’éteignent.
Quinze mille portables (les briquets, c’est pour Patrick) dansent dans cette nuit humide, le spectacle est fantastique…

Le rappel sera un peu décevant (« One more Time » remixé sur « Stardust »…Bof…) mais le show visuel est énorme et de toute façon, la foule n’est plus qu’un amas de chaire déchaîné, prêt à envoyer un pogo sur un remix de « Popeye le Marin »…
Le concert se termine au bout d’une heure trente, pas assez pour la plupart, trop pour d’autres dont les visages rougis témoignent de l’intensité du show (ou serait-ce le fameux système de ventilation du POB ?).

Au final, on ressort de là un peu déboussolé. On s’attendrait à voir le jour se levé et il n’est que... 23h30 !
Alors certain veulent sortir, aller en boite comme si de rien n’était…Blasphème ! Après eux, seul le silence trouvera grâce à mes oreilles…
Allez…Plus que dix ans.


G.Gannerik pour exportMusic.



 
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