21 avril 2007
L'interview de Café Bertrand
Après avoir découvert la première partie de Deep Purple le 17 Mars à Tours, l’équipe d’exportMusic s’est tournée vers ce groupe résolument live, aux sonorités hard rock puissantes, mêlées d’une voix troublante, sur des textes en français. Café Bertrand est un nouvel espoir, pour croire au rock français, au jeu de scène transcendant, en un nouveau grand du rock. Walther, chanteur du groupe en pleine tournée avec la bande de leur aîné Ian Gillan, a accepté l’interview d’exportMusic.
exportMusic : Salut, Walther, tout d’abord merci d’accorder cette interview à exportMusic. Alors pourrais-tu commencer par nous en dire plus sur Café Bertrand, pourquoi avez-vous nommer le groupe ainsi?
Walther : C’est en 1992 lorsqu’on cherchait un nom de groupe que l’on est tombé sur un reportage télé qui parlait d’un des tout premiers bars en France où l’on a pu constater la naissance des « jams » lives. Cela se passait dans les années 30, et ce lieu le Café (chez) Bertrand est devenu le Café De Flore à Paris aujourd’hui. Il y avait également un bar en Alsace-Lorraine qui portait le même nom, en 1929.
Le choix du nom est aussi phonétique (aucun rapport avec un chanteur de rock très connu) et je chante en français, un nom anglais aurait été ridicule et n’aurait eu aucun sens ! Le dernier point est que dans ce reportage, c’était le milieu ouvrier qui créait cette effervescence afin d’effacer quelques peu la difficulté d’un quotidien rude pour cette classe sociale, nous sommes tous issus de milieux modestes et leur tête était couverte d’une « bache », casquette poulbot, que nous portions tous ce jour-là ! Il y avait donc pas mal d’éléments...étranges...je crois que c’est plutôt le nom qui nous a choisi et pas l’inverse.
eM : Peux-tu nous éclairer sur l’univers du groupe ? Quand avez-vous voulu le créer, comment vous êtes vous rencontré toi et ta bande ?
Walther : J’ai monté le groupe en Haute Savoie, d’où je suis originaire, en février 1992. A l’époque je travaillais pas mal sur les scènes en tant que technicien ou road et le virus m’a contaminé. J’ai donc cherché des mecs qui voulaient aller dans mon sens, à savoir un rock (et pas du hard !) avec un chant en français mais musicalement influencé par les groupes rock des années 70, Deep Purple, Led Zeppelein,et par le rock français, Téléphone, Trust, No Man’s Land, etc.
Il y a eu plus de 15 musiciens différents dans Café Bertrand avant de trouver la mouture actuelle. C’est quand je suis revenu dans les alpes de Haute Provence en décembre 2001 (région où l’on avait enregistré l’album « fils du vent » en 1995) que j’ai rencontré Dom Landoni, grand guitariste de blues et lui ai demandé d’être lead guitar dans Caf’B, ensuite est venu Alain à la basse, qui lui tient un studio d’enregistrement à Manosque (Le garage, lieu ou l’on répète au quotidien), puis Stephane Honde à la guitare. Stephane travaille avec Alain et ces deux là avaient tourné ensemble dans pas mal de plans (notamment avec Karine Saporta, Mamooth, etc) et on a appelé Manu Lamic, le batteur, qui a rejoint aussi le groupe. Coïncidence incroyable puisque Manu tournait justement avec Alain et Stephane, je ne sais pas s’ils s’étaient dit « à la revoyure les gars ! » mais du coup c’est un trio qui se connaissait donc très bien, humainement et musicalement, qui est venu se greffer à Dom et moi. Ce n’était pas évident de trouver des mecs qui musicalement ont un niveau excellent, qui comprennent mes textes et mes intentions et qui surtout apportent leur « personnal touch » tout en gardant l’esprit que Café bertrand a depuis sa création. J’ai chanté et joué de la gratte avec Caf’B pendant plus de 10 ans, et depuis la formation définitive, nous sommes 5 et j’ai lâché la gratte sur plus de 80 pour cent des titres, leur niveau étant autrement plus élevé que le mien, lol ! De surcroit, je peux me consacrer uniquement à l’écriture des textes, les paroles étant depuis toujours signées par mes soins, non pas à cause d’un égo surdimensionné mais parce que l’écriture dans Café Bertrand est une empreinte de mes joies ou mes peines personnelles et rares sont les paroliers qui scriptent le français en évitant le côté bateau ou franchouillard.
eM : On t’a donc vu sur scène le 17 mars et il est évident que tu as un jeu de scène propre à toi-même, on sent que pour toi il ne suffit pas de chanter, mais il faut aussi vivre les chansons. As-tu des influences côté leaders, bêtes de scène ?
Walther : Oui forcément ! J’ai appris la scène en écoutant et en regardant les lives de ACDC, Téléphone, Stéréophonics, Noir Désir, Iggy Pop et autres monstres. Le jeu de scène se peaufine au fil des jours, et encore plus depuis l’année dernière ou l’on tourne avec Deep Purple, un concert étant l’équivalent de 10 répétitions, nous avons eu tout le loisir de nous détacher de nos tics de mimétisme et de trouver nos propres marques. Il faut bien entendu noter que côtoyé Deep Purple au presque quotidien nous a appris beaucoup sur la façon de gérer nos prestations.
La scène est notre dernier périmètre de liberté, rien qu’à nous et c’est « on stage » qu’on s’exprime, pour Café Bertrand, c’est la sensation physique qui est recherchée et la communication avec le public qui a une importance capitale pour nous ! C’est une recherche permanente de sensations, de grands bols d’adrénaline. On cite très souvent Noir Désir quand on cherche une référence au chant, effectivement ND est un de mes groupes préférés, mais la plupart des gens n’ont pas beaucoup d’autres références, surtout dans le rock français, et dés qu’il y a du chant en français, une voix rocailleuse et de l’énergie, du mime, on cite très vite ND. Au fil des années je me suis détaché de pas mal d’influences (ces tics de mimétisme dont je parlais juste avant) et mon jeu de scène est empreint de la vraie identité de Café Bertrand, l’essentiel étant d’être sincère et généreux.
eM : Est-ce que l’usage de la langue française au sein de vos textes est un choix ou est-ce venu naturellement ? N’est-il pas plus facile de faire du Rock en anglais ?
Walther : Bien sur que c’est plus facile en anglais, le rock est anglais ! Mais j’ai étudié les langues pendant pas mal d’années et c’est ma langue natale quand même ! C’est un véritable défi que de faire sonner la langue de Molière, dans le sens ou c’est une langue gutturale et c’est sur la phonétique, le sens et la rythmique que les paroles sont écrites. Nous avions fait quelques titres en anglais il y a plusieurs années et depuis 1997 on a totalement arrêté et je me suis consacré au français uniquement, c’est un vrai choix donc cela ne nous empêche pas par contre de jouer de temps à autre, une ou deux reprises en anglais, mais seulement des reprises, jamais de compositions, je n’ai pas la prétention et le niveau requis pour faire passer certaines nuances ou « jeux de mots » dans un autre langage que celui que je pratique depuis 35 ans...
eM : Votre album « Les Airs Empruntés » est sorti en 2005, avec le single « Les Vents ». On y sent beaucoup d’inspiration en terme de textes, Café Bertrand ne semble pas s’arrêter à la musique mais creuse en profondeur afin d’affiner le textuel, et même le visuel. Est-ce une priorité pour toi, de faire passer un message, de raconter une histoire à travers la musique ?
Walther : J’écris uniquement sur des sujets qui me touchent et je le rappelle, contrairement à beaucoup de formations qui ont eu la démarche inverse, j’ai cherché des musiciens qui aimaient mes paroles et le sens, le climat que je tente sans cesse d’insuffler aux morceaux. J’écris toujours tous les textes et serait incapable de chanter les paroles d’un autre, même si elles venaient d’un des membres du groupe, Café Bertrand est un exutoire pour mes frustrations et une façon de donner mon avis sur certaines choses, intolérables ou positives. Je frôle des sujets sensibles mais sans m’impliquer notamment en ce qui concerne la politique et c’est à 99 pour cent des choses vécues qui sont couchées sur le papier et chantées ou scandées sur scène.
eM : Comment Café Bertrand s’y prend t’il pour créer une chanson, mieux vaut écrire puis composer, faire l’inverse, prendre ce qui vient ?
Walther : Ecrire c’est composer premièrement, sinon, soit j’écris un texte et le squelette du titre tout seul avec une gratte, et ensuite le groupe réarrange le tout, soit je pose des paroles sur une tourne déjà existante car composée par un ou plusieurs membres du groupe chez lui et on peaufine le résultat tous ensemble. C’est d’ailleurs plus cette façon de faire qui est utilisée depuis que nous sommes tous les cinq, mais quand même, malgré mon piètre niveau à la gratte, j’arrive à proposer des titres déjà avancés.
En général nous définissons et ressentons un climat cohérent avec l’intention du texte et on s’attache à pondre une musique relative à cette intention. On s’enregistre aussi lors de répétitions ou on jame quelquefois pendant des heures et ensuite, nous écoutons, et piochons les passages qui nous paraissent les plus intéressants dans un contexte défini.
eM : Il y a-t-il un groupe particulier avec lequel tu aimerais collaborer ?
Walther : Oui, plusieurs même ! Deep Purple, David Coverdale, Deus, lol, mais en gardant les pieds sur terre et déjà en rêvant sûrement simplement, Tiephaine c’est certain, Arno aussi mais No One is Innocent avant tout car je trouve que c’est un des meilleurs groupe de scène tant dans le concept de son jeu de scène, instinctif, incif brûlant, doux mais brutal, brutal et parfois doux mais si constamment révolutionnaire et engagé !
J’avais été contacté par Thiefaine il y a quelques années pour le projet de l’album « deflo 13 » à l’époque. Un pur hasard car c’est mon frère qui habitait non loin de chez lui et qui réparait toutes ses jeeps weelis, il était mécano et passait l’album « fils du vent » à l’époque dans son garage et Hubert Félix lui a demandé « qui c’est ce groupe ? », la suite coule de source... J’aurai pu pondre quelques textes, c’était pour l’album « Deflo 13 » mais cette époque m’a imposé une vie malgré moi qui ne m’a pas permis de faire cela très malheureusement...
Sinon j’adore Romain Humeaux (le chanteur d’Eiffel) qui écrit d’une façon géniale (peut être une des plus proche par rapport à ma façon d’écrire... Je ne suis vraiment pas fan de paroliers français en général, mise à part les grandes références comme Ferré, Vian, Gainsbourg ou Bashung). J’avais été le voir au Bataclan en Novembre 2003, le 24 je me souviens encore, et ce live était vraiment intéressant au niveau des paroles, qui étaient claires, reprises par la salle bondée et vraiment cohérentes avec le personnage, sincères sans nul doute ! Et bien entendu aussi de Noir Désir, voici quelques exemples concrets pour tenter de donner une vraie image à cette réponse.. ce ne serait pas juste de citer de grands noms ou actuels poseurs de bombes car il y a aussi pas mal de formations françaises, belges ou canadiennes, de formations pas forcément connues du grand public qui sont très intéressantes dans leurs démarches, leur jeu, leurs compos qui pourraient se marier avec ce que l’on joue. Je pense à des formations comme Attkins Soul, un groupe canadien que nous parrainons depuis quelques mois maintenant, et aussi beaucoup d’autres (Alec, Chair Chant Corps, etc) mais pas uniquement que dans le rock.
Une écriture commune avec un slameur, un rappeur (je suis fan de Joey Starr par exemple) ou un chanteur de « chanson réaliste » comme...non je déconne, pas la chanson réaliste, je n’ai pas envie d’amuser le public, mais de m’amuser avec lui et avec ceux avec qui nous pourrions collaborer.
eM : Penses tu qu’internet est un véritable avantage pour les groupes d’aujourd’hui, un nouveau moyen de se faire connaître ? Est-ce que ça a aidé Café Bertrand ?
Walther : Café Bertrand a été crée bien avant qu’internet existe, le langage employé à l’époque était du langage basic, rpg ou lse et on tatait tout juste le fait de mettre trois zx81 en réseau et la toile n’avait que la silhouette d’un projet, en tout cas en France... mais effectivement, aujourd’hui le net apporte une exposition plus vaste au groupe et permet l’échange, le dépôt ou la recherche d’une multitude d’informations. Le risque reste de se retrouver noyé aussi dans la toile ou l’on trouve bien souvent tout et n’importe quoi aussi ! On utilise internet comme tout le monde, mais ce n’est pas notre moyen de communication préféré, la scène, la scène restant le meilleur moyen de faire parler de son groupe et le plus efficace et indiscutable moyen pour prétendre vivre de la musique.
eM : Quelles sont les influences musicales qui ont bercé ta jeunesse ? Qu’as-tu écouté pendant que vous étiez en studio pour « Les Airs Empruntés » ?
Walther : Quand on enregistrait « les airs empruntés » (qui est sorti fin 2005) on était au studio Gang à Paris, chez Claude Peterflame. Un des meilleurs studios français, équipé avec du matos des années 70 et notamment d’une table de mixage unique sur l’hexagone et pourvu d’une salle d’enregistrement de 200 m 2 avec plusieurs cabines permettant des façon de faire infinies ou presque. J’écoutais du Café Bertrand et rien d’autre, cela a occupé mon esprit jour et nuit et je n’ai honnêtement pas pensé à checker un lecteur quelconque, mais il paraît que c’est plutôt bon signe ;-) ... en tout cas pour moi c’était très narcissique.
Quand aux groupes qui ont influencé ma jeunesse, je me suis déjà exprimé dans ton interview mais je n’écoute que du rock français en général, à part ACDC, Deep Purple, Led Zeppelin, Les Stones et Stéréophonics... je n’écoute pas la scène rock dite « actuelle » ou « nouvelle », je trouve la plupart des groupes français assez...scolaires...dans leur écriture et je ne me laisse surtout pas influencer par ce que les médias diffusent et qualifient de rock au jour d’aujourd’hui et comment le pourrai-je ?...
En conclusion, c’est le rock avec des tripes qui m’influencent, le reste m’indiffère totalement.
eM : Une tournée de Deep Purple en France, vous en première partie, la sortie de l’album « Les Airs Empruntés », la diffusion du clip « Le Vent » à la télé, Coup de cœur Fnac et France Inter, aimé par les magasines spécialisés, Café Bertrand est très en vogue. Comment le groupe vit-il et gère-t-il cela ?
Walther : Je ne sais pas si nous sommes très en vogue, rien n’est jamais gagné ! C’est la continuité d’un travail commun avec le groupe, son manager, son label, et tout le staff qui l’entoure, à savoir une bonne quinzaine de personnes qui permet de gérer tout cela. Nous gardons les pieds sur terre et surtout par rapport à cette aventure avec Deep Purple, c’est un honneur que d’ouvrir pour eux et d’avoir plu à ces dinosaures ! Le melon ne nous guette pas et ne nous envahira jamais je pense et espère, car je ne vois pas pourquoi nous pourrions prétendre être Le groupe du moment ou autre qualificatif pompeux. On se checke tous les uns les autres et on fait tout pour donner le meilleur de nous même à chaque prestation, que ce soit devant 10 000 personnes ou dans un rade avec 100 pelos. La réussite pour nous c’est d’avoir tous pris notre pied au même moment, d’avoir frôlé cette magie que l’on recherche constamment et je pense qu’un groupe qui commence à se prendre le melon ou se croire arrivé, n’ira pas très loin, c’est le travail constant et le fait de savoir ou l’on en est qui est le plus important.
Quant aux magazines spécialisés, il n’y en a pas des tonnes en ce qui nous concerne, en tout cas en France ! La plupart étant en boucle dans leur rédactions avec les mêmes actus, des mêmes groupes, avec des chroniques plus proche du paquebot que du bateau, la prise de risque ou l’envie de faire connaître un max de groupes éventuellement voués à devenir de futurs grands groupes les indiffère malgré les dires de la plupart de ces rédacteurs justement cités. Crossaroads a fait quatre pages sublimes sur le groupe suite à un coup de coeur, justement aussi le jour de ce concert au Hard Rock Café de Paris, le 29 Mars 2005, c’est le premier Mag à avoir eu les couilles de dire « nous on aime ca et voilà pourquoi ». Il y a eu aussi Guitarist qui avait placé l’album « les airs empruntés » comme disque du mois en Avril 2006, là on a senti que le chroniqueur avait pris la peine d’écouter l’album dans son intégralité, c’est clair. Idem pour Guitar Part. Sinon il y a eu une brève chronique vite torchée dans Rock Sound et une apparition sur le sampler de Rock You, quelques lignes dans Rock Hard Mag, etc. Cette presse écrite étant à la source de ces initiatives, car nous avons constaté en général que quand nous tentions de demander une chronique ou un article, en général c’était du vite fait et sans réelle intention d’inscrire une véritable chronique par exemple sur un disque entièrement écouté, ne serait-ce que dans un esprit de respect envers le travail de chacun.
Il y aussi quelques canards que j’ai personnellement arrêter d’acheter et de lire, tant la torture prend une texture de douceur à la lecture du contenu, surtout pour ce qui concerne la « nouvelle scène »... Une impartialité digne de son contraire, et une suffisance qui porte bien son nom.
C’est marrant d’ailleurs car en France, tout les gens rencontrés après les concerts ou qui nous écrivent, posent interminablement la même question, à savoir « mais comment se fait-il qu’on ne vous voit pas plus dans les magazines ou que l’on ne vous entend pas beaucoup sur de « grandes radios ? » ; pour la presse écrite, parlée ou pour les télévisions c’est la même, les hyènes n’agissant qu’en meute.
Pour parler de la Suisse par exemple, là ce fût totalement surprenant et grandement flatteur car nous avons eu des articles dans les plus gros médias suisses, que ce soit des radios (RSR avec session acoustique, Couleur3,etc), des journaux et/ou magasines ( Daily rock, Murmures, 24 heures, l’hebdo, le matin, Murmures,etc) et les télés (Télévision Suisse Romande avec par exemple l’émission GARAGE LIVE qui a présenté Café Bertrand avec 40 minutes de live, le Journal Télévisé, TVM3, etc), plus quelques chaînes câblées aussi sur France et Suisse comme M6 Music Rock, Europe2 Tv, ou le clip « les vents » est en rotation régulière.
On a enchainé environ 15 dates (Bex Rock festival, L’usine à Genève, les Docks à Lausanne, Grouna Festival, festival des Courants d’air, etc), l’accueil des médias et du public en Suisse a été immédiat et très positif ! Les helvètes underground ou la classe supérieure Wharolienne, tout âges confondus ont adhéré à ce que nous sommes et jouons et c’est très souvent avec 6 ou 8 mois d’avance sur les Français qu’ils s’intéressent à la scène et ses représentants. Rappelez-vous les débuts de Dyonisos qui a été disque d’or en Suisse avant d’être vraiment programmé sur l’hexagone sur des scènes qu’ils enflamment à chacun de leur passage ! Dyonisos est monstrueux sur scène, je ne les ai pas mentionnés tout à l’heure, mais oui, voilà une collaboration que j’adorerai concrétiser !!!
eM : Est-ce que la tournée n’est pas la récréation après tout ce travail de composition, d’écriture et de promotion ?
Walther : C’est une respiration différente que l’on a dans une tournée telle que celles-ci. En Novembre nous avions joué 9 dates avec Deep Purple qui nous a repris pour toutes les dates française de 2007 car ils ont beaucoup apprécié la qualité de la prestation du groupe qui a pour rôle de chauffer le public, un public génial sur toutes les dates d’ailleurs ! Maintenant, c’est une récompense pour le travail effectué c’est clair, mais cela demande une concentration énorme, une énergie incroyable et surtout une confiance en soi sans borne pour jouer avant les pointures que sont les Deep Purple et devant un public qui varie entre 4000 et 8000 personnes par soir et qui surtout n’est pas venu pour nous. Pour la promotion en effet on a beaucoup de retours par rapport à ces tournées et pas mal de projets se mettent en route. Le prochain album se rode en live et se prépare pour le studio, il sortira en Novembre 2007, toujours chez notre label indé, Rock Revolution Records et ca tombera en même temps que la troisième tournée avec Deep Purple avec qui on frise le pacs ;-).
Nous ouvrons 3 dates en Mai, les 7, 8 et 9 (Auxerre, Montpellier, Nancy) alors que la tournée de 12 dates (Mars 2007) est encore frémissante, mais en Novembre, nous ouvrirons pour eux dans le légendaire Olympia (le 18 Novembre) ainsi qu’au Country Hall de Lièges, en Belgique. Pour ce qui est de la promo, on a donc pas mal d’atouts de notre côté, reste à confirmer notre « statut » et pour ca, venez nous voir en live, c’est à deux pas de chez vous, un jour ou l’autre !
Pour l’écriture, non, on a rien pondu en pleine tournée (c’est pas trop le moment en général, à part peut être occasionnellement et pour un truc bien précis), mais par contre, nous avons amélioré au jour le jour notre set car tous les concerts sont enregistrés et filmés par Art Evolution Films, (dont nous saluons au passage David Bidouard, Ninon Klein, Franck Stromme, Pierre Cauvin,etc) et l’écoute première du live que l’on vient de terminer le soir est une récréation, mais encore une fois, c’est notre passion et la concentration des quintuplés de Caf’B est absolue, la récréation ce sera pour plus tard. Il est indéniable, je le redis même si je l’ai aussi dit plus avant dans cette interview, que quand nous sommes sur scène, là, on s’amuse beaucoup, on se délecte et là, le mot récréation devient bien trop faible pour définir les sensations ressenties au coeur de la magie que la scène offre.
eM : Comment le groupe arrive t’il à puiser ses ressources pour assurer des concerts très rapprochés lorsqu’on voit l’énergie dépensée sur scène ?
Walther : C’est justement le fait de gérer qui fait que l’on peut assurer toutes les dates avec la même constance dans la mesure du possible. Le travail effectué en amont est des plus importants et il faut surtout être en forme, dormir beaucoup, et être capable de laisser ses problèmes personnels sur le seuil de la tournée, être imprégné de la prestation et donner comme les sportifs défendant le bobsleigh et qui visualisent leur course avant de se lancer.
Nous sommes vraiment de grands passionnées, conscients de l’opportunité à saisir et l’équilibre est le mot clé !
eM : Peux-tu nous parler un peu plus de la sortie du DVD « Chapitre III » ?
Walther : Ce DVD est la cerise sur le gâteau ! Il est sorti début Mars en série limitée et est proposé avec l’album pendant la tournée sous forme de pack (On peut encore en trouver quelques-uns encore sur le site du label > www.rockrevolutionrecords.com) et ainsi que sur la page merchandising sur le site officiel (www.cafebertrand.com) .
Le « chapitre III » est un des cinq chapitres que contient le film « Un monde à gagner, des chaînes à perdre ». Ce film-documentaire, qui durera plus de 3 heures, relatera plus de deux ans de tournée avec Café Bertrand, en France, comme à l’étranger, et c’est suite au désir de Franck Stromme, photographe officiel du groupe et réalisateur du film pour Art Evolution Films que ce projet existe. Toutes les infos se trouvent sur le site officiel du groupe qui est mis à jour au presque quotidien, le teaser du « chapitre III » est dispo aussi sur le Myspace du groupe > www.myspace.com/groupecafebertrand
Ce DVD de 26 minutes propose entre autre 3 titres live joués lors de la tournée de Novembre 2006 avec Deep Purple et montre aussi le groupe sous différents aspects, les membres du groupe ayant en permanence une équipe de tournage qui les suit à la trace, sur scène, en répétition, à la maison ou dans le bus tour, en studio. Le « chapitre III » va apparaître dans de nombreux festivals français du court métrage et intéresse diverses chaînes de télé, françaises, suisses et belges, il se peut qu’il soit présenté au Festival de Cannes 2007, il sera en tout cas projeté dans certaines salles de cinéma et lors de festivals.
eM : Quels sont vos projets immédiats après cette tournée ? Allez-vous prendre un peu de repos ou repartir sur l’écriture d’un nouvel album ?
Walther : Le repos n’est pas pour cette année ! Dés notre retour début Avril, on reprend les compositions relatives au nouvel album. On enregistre plus de 20 titres afin d’en tirer 12 pour sortir un digne successeur au précédent album – De plus on joue en affiche dans plusieurs festivals cet été et nous répétons aussi 1h30 de live en cherchant la même intensité que celle que tu as pu constater sur 35 minutes en Mars. Un single, en version studio et en version live, du titre « endémie » sortira en Mai également.
J’ai fondé Le collectif des Cafteurs et Joe Walton Booking qui me demande personnellement beaucoup de temps, et les autres membres de Caf’B ont tous des activités parallèles qui leur tiennent à coeur, alors le taf, on en a encore et le repos n’est pas pour demain, c’est tant mieux !
eM : Un mot pour finir ?
Walther : Nous sommes en ce moment plusieurs collectifs à oeuvrer sur des projets communs visant à promouvoir la scène rock française. Plus de 300 artistes en France donc, mais aussi en Suisse, en Belgique et au Canada. J’ai monté le collectif des cafteurs (www.myspace.com/lescafteurs) en Octobre 2003 et plus récemment Joe Walton Booking (www.myspace.com/revolutionsudproductions) et les partenariats se mettent en place en ce moment avec entre autre, Arachnorock, La Grosse Radio (www.lagrosseradio.com) , le TNT (www.letnt.net) , un réseau de salles sur à peu près tout l’hexagone et 6 salles en Suisse aussi, l’émission Rockenfolie ( www.rockenfolie.com) , le studio Le Garage (sur myspace : .../studiogarage) , AdocPro Communication (sur myspace : .../adocprocommunication), etc,etc. Des cours de chant, guitare, batterie, répétitions assistées, booking, communication, enregistrement, distribution, création visuels (livrets, flyers, cd, affiches, sites web), ateliers d’écritures, conseils en management, formation et l’approche des médias et programmateurs, organisation de concerts (le festival des cafteurs – prochaine édition Janvier 2008 à Forcalquier dept 04) , etc.
Donc ce petit mot pour en finir avec l’inactivité constatée dans la culture en France en rappelant que l’underground remonte à la surface et fait de grands signes qui fendent les glaces de la banquise, et appelle et accueille au quotidien les artistes qui en veulent et qui se perdent dans les méandres d’un milieu très complexe où la survie liée à l’intermittence du spectacle est de mise. Cherchez, fouinez, allez dans les concerts, soutenez les jeunes groupes, les associations 1901 pendant qu’elles existent encore, les web radios, les fanzines, montez votre groupe et exprimez-vous !!!
Et si vous restez chez vous sans rien foutre, surtout ne demandez jamais ce qui s’est passée, vous en seriez responsable en partie et le comble serait d’avouer ne pas vous être rendu compte car pas averti ? Vous l’êtes désormais, merci de prendre soin de la musique et de ses acteurs, sans omettre de prendre aussi soin de vous ! Merci de laisser sa place à la scène
eM : Merci Walther pour cette interview et merci à Café Bertrand pour son soutien à exportMusic. Toute l’équipe d’exportMusic et moi-même te souhaitons ce qu’il y a de mieux à toi et à ton groupe. Bonne continuation.
Walther : Merci à toi d’être venu à notre rencontre sur la tournée Pierre, et félicitations pour cette belle initiative qu’est Export Music. La route est sinueuse et la tâche n’est pas toujours et forcément aisée, mais vous le faîtes avec le coeur et une volonté très honorable ! Bonne continuation à vous tous également.
Have a furious rock day my friends !
Café Bertrand continue de jouer en première partie du groupe de hard rock légendaire Deep Purple. Retrouvez toutes les dates de concerts de Café Bertrand sur exportMusic , le site officiel du groupe (laissez-leur un message sur leur Guestbook, Café Bertrand a sa tradition : la rencontre avec son public après chaque concert et la réponse à tous les mails reçus par le groupe) et sur le MySpace du groupe. Trouvez les albums sur le net, sur le site du label, sur fnac.com, sur amazon.com, Virtua Label, cede.ch... ET CAETERA.
Pierre pour exportMusic.
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